Résumé

La réflexologie d’après l’énergétique chinoise est une synthèse que j’ai développée dès 1987 dans mon cabinet à Berlin. Alliant la réflexologie avec les concepts de l’énergétique chinoise, les dysfonctionnements sont vus en terme de dominances yin ou yang, correspondant par exemple à des états inflammatoires, à des stases ou à des hypofonctions. Ces déséquilibres sont déterminés à partir de l’anamnèse, des signes cliniques, de la prise des pouls chinois et de la consistance des tissus réflexes. Corps et esprit ne formant qu’un seul continuum énergétique, la palpation des zones réflexes, et le rééquilibrage des tissus perturbés s’accompagne d’une écoute active des ressentis de la personne, dans le cadre des 5 éléments. Un même symptôme apparent pouvant avoir des origines différentes, la cause de ce symptôme est décelée en fonction des perturbations réflexes et des éventuels blocages émotionnels et affectifs, dans le respect du concept de la structure globale de l’être selon les 5 éléments : Eau, Bois, Feu, Terre et Métal. Ainsi, le traitement réflexologique d’un symptôme consiste à prendre en compte les zones réflexes locales, mais aussi métaboliques en fonction des liens physiologiques de la vision occidentale de la biologie humaine, tout en travaillant les zones des « ministres » selon l’approche énergétique chinoise. La technique du toucher réflexe varie par des effets de concentration ou de dispersion afin de rétablir un équilibre de la dynamique des réponses neurovégétatives.

La naissance de la réflexologie en Occident

La réflexologie d’après l’énergétique chinoise repose sur les mêmes courants médicaux développés à la fin du 19e siècle en Occident propre à toute forme de réflexologie, qu’elle soit auriculaire, dorsale, palmaire, ou plantaire1 :

  • Les neurologues Sir Henry Head, dont les travaux furent pionniers dans le domaine de la somesthésie et du système nerveux sensoriel [1], et Sir James Mackenzie, en Angleterre, démontrent la relation entre des segments de peau et différents organes internes (en 1893) [2].
  • En Allemagne, le Dr Alfons Cornelius remarque que des pressions sur une partie du corps engendrent des changements de la tension artérielle, de température corporelle(2), et de contractions musculaires (en 1902) [3].
  • Aux Etats-Unis, le docteur William H. Fitzgerald (1872-1942) attaché à l’hôpital de Boston et spécialiste ORL à l’hôpital de St. Francis de Hartford (Connecticut) publie « La thérapie des zones » [4].
  • En France, le Dr Nogier développe l’auriculothérapie dès 1951 [5].

Cet intérêt du monde médical au début du 20e siècle pour la relation entre les différentes parties du corps semble avoir été phagocyté par la découverte des molécules synthétiques telles que les antibiotiques, qui a alors attiré toute l’attention des scientifiques. Cependant, les recherches en réflexologie ont continué à être utilisées par les ostéopathes, chiropracteurs ou kinésithérapeutes, dont notamment Eunice Ingham (vers 1930) [6].

La réflexologie en Orient

Le courant scientifique développé par les médecins occidentaux aux 19 et 20e siècles autour de la réflexologie ont apparemment émergé indépendamment d’une inspiration des méthodes venant de la Chine. Ce n’est qu’en 1979 qu’Ed et Ellen Case, de Los Angeles ont les premiers, découvert sur le tombeau d’Ankhmahor un indice concret de la pratique de la réflexologie plantaire et palmaire, datant de 2330 av. J.-C., en Egypte [7]. La réflexologie compterait donc parmi les ethnomédecines.

D’après Rwo Shur, une forme de réflexologie aurait par ailleurs pris naissance, il y a 4 000 ans, sous l’Empereur Hwang, dans le cadre de la pratique de l’acupuncture et de la moxibustion [8]. Yo-Mo Kuan confirme ces faits et précise que ce diagnostic du pied s’intitulait « Kwang Tzu Fa », dérivé du « Zu Hsin Tao » [9]. Cependant, durant la dynastie Qin (221-216 av. J.-C.), sous l’empereur Shi Huangdi, beaucoup de livres furent interdits afin de promouvoir l’obéissance et la pratique de la réflexologie aurait été fortement restreinte, voire oubliée. On en retrouve malgré tout une trace lors de la période Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.) avec un médecin nommé Hwa Tua, qui aurait appelé son travail « Hua Tus Mi Ji » ou « Le tao du centre du pied ». Plus tard, sous la dynastie Tang (618-907 ap. J.-C.), un moine japonais nommé Tai Tien Chic Shao aurait étudié la pratique de la réflexologie avant de l’introduire au Japon [10].

Malgré ces traces de réflexologie qui semblent avoir existé en Chine autrefois, c’est pourtant la réflexologie occidentale initiée par Eunice Ingham [11] qui s’est introduite aujourd’hui en Chine ! Voilà un exemple parfait de l’enrichissement mutuel que peut apporter la réunion de l’Occident avec l’Orient. A la différence que le développement de la réflexologie en Chine a été beaucoup plus rapide qu’en Occident, avec l’ouverture de grands centres, probablement du fait de la « mémoire » pré-existante de cette pratique.

L’association de la réflexologie
avec les concepts du yin-yang et des 5 éléments

La réflexologie pratiquée aujourd’hui, que ce soit en Europe, en Amérique ou en Asie, est, à ma connaissance, issue de la kinésithérapeute américaine Eunice Ingham, bien que les successeurs, tels que Dwight Byers [12] Doreen Bayly [13], Sun Wei [14], Inge Dougans [15], Ann Gilanders [16], Martine Faure-Alderson [17], David Tran [18] pour n’en citer que quelques uns, ont pu donner des versions ou des couleurs différentes de la méthode originelle.

Lors de ma formation de Heilpraktiker à Berlin, j’ai étudié la méthode de Hanne Marquardt [19], et parallèlement l’acupuncture [20], l’auriculothérapie [21], le shiatsu, etc. Dès l’ouverture de mon cabinet à Berlin, en 1987, j’ai principalement utilisé la réflexologie, car cette technique apportait de bons résultats et une profondeur dans le soin. Les concepts de l’énergétique chinoise que j’avais étudiés dans le cadre de l’acupuncture se sont alors imposés lors des séances et ont donné une autre dimension aux suivis réflexologiques.

Dès 1987, j’ai donc développé ma propre méthode de réflexologie d’après l’énergétique chinoise, que j’ai exposée dans mon premier livre paru en 1995 aux éditions Trédaniel [22]. Depuis, j’ai enseigné dans différents pays d’Europe, plusieurs anciens élèves ont ouvert leur école, et nombreux sont les stagiaires qui expriment trouver une dimension véritablement holistique dans leurs soins réflexologiques.

Fondements de la réfkexologie

Aussi bien les zones réflexes que les points de méridiens, entretiennent des relations énergétiques avec des organes et des structures corporelles et psychiques. Les connaissances récentes offertes par les neurosciences rejoignent l’expérience clinique et la symbolique des liens entre zones réflexes et organes correspondants : les capteurs sensoriels, qu’ils soient extéroceptifs ou proprioceptifs, alimentent des centres nerveux centraux qui intègrent les données et envoient des ordres moteurs, orthosympathiques et parasympathiques aux organes et structures du corps. Ces boucles de régulation fonctionnelles, retour à partir des intégrations centrales des informations permettent des réactions adaptatives entre les organes et structures et forment une interaction à distance dans le corps. Elisabeth Breton développe les mécanismes d’action de la réflexologie dans un article paru dans HEGEL [23].

L’hypothèse d’une organisation fractale de l’univers pourrait aussi constituer une réponse à l’action réflexe : « Les exemples d’objets et systèmes invariants d’échelle abondent : un grand nombre d’entre eux ont été répertoriés et étudiés par le mathématicien Benoît Mandelbrot, qui a conçu le mot « fractal » pour dénommer les ensembles montrant l’existence de structures à toutes les échelles » [24]. L’organisation fractale de l’univers, et donc aussi du corps humain, pourrait apporter une explication pertinente sur le fonctionnement réflexologique (3).

Les principes fonctionnels de la réflexologie d’après l’énergétique chinoise

La réflexologie d’après l’énergétique chinoise est basée sur des concepts vitalistes et se fonde sur une vision énergétique de l’humain. Selon la vision chinoise, tout dans l’univers est mû par une profonde unité, ou « souffle primordial », qui imprègne l’univers et la vie, nommé « Qi ». Cette vision rejoint celle de la théorie quantique, qui révèle que « les particules ne sont pas des grains de matière isolés, mais des types de probabilités, des relations dans un tissu cosmique indissociable » [25].

Le Qi est à l’origine de tous les phénomènes. Il représente le Un d’où prend naissance le Deux : le yin et le yang [26]. Le yin et yang circulent aussi bien dans l’univers provoquant l’alternance du jour et de la nuit et l’alternance des saisons, que dans le corps, permettant le déroulement des fonctions biologiques. L’être humain est ainsi placé entre Terre et Ciel, dont il capte le Qi qui l’entretient, tout comme il en prend l’oxygène et la nourriture qui maintiennent son corps physique.

La pratique de la réflexologie selon l’énergétique chinoise cherche à remettre en circulation le Qi, dans les différents plans dans lesquels il s’exprime : les 5 éléments Eau, Bois, Feu, Terre et Métal [27]. Chacun de ces éléments est maintenu en équilibre par deux organes, élevés au rang de « ministres » car cette tâche est d’une grande responsabilité ! Des structures et des fonctions biologiques propres, ainsi qu’une composante spécifique de notre vie psychique, sont attribuées à chaque élément. Les éléments interagissent entre eux selon deux boucles principales : celle de l’engendrement et celle de la régulation.

L’élément Eau est rattaché aux Reins et à la Vessie ; il héberge le ZHI qui donne la vitalité. L’élément Bois est géré par le Foie et la Vésicule ; il abrite le HUN en lien avec les émotions. L’élément Feu est contrôlé par le Cœur et le Grêle, assisté du Péricarde et du Triple Réchauffeur ; il reçoit le SHEN, qui permet la conscience. L’élément Terre est entretenu par la Rate et l’Estomac ; il reçoit le Yi qui entretient la réflexion. L’élément Métal est sous la responsabilité du Poumon et du Côlon ; il abrite le PO, qui élabore notre espace corporel et les réactions de survie.

Vie psychique et équilibre viscéro-organique sont, d’après cette discipline, intimement liés : « L’homme a cinq organes élaborant les cinq Souffles qui engendrent la joie, la colère, la tristesse, la pensée et la peur»(4). Les excès des émotions sont déjà considérés comme des maladies : « …symptômes physiques et psychologiques se confondent, s’expriment ensemble, et sont décrits ensemble sans distinction entre le psychologique et le physique, comme un tout serré indissociable » [28]. Cette vision n’est pas propre aux Chinois, puisqu’en Europe aussi, lors de la période de l’Antiquité, la psychologie était vue sous l’angle d’un déterminisme physiologique : Hippocrate présente dans « La nature de l’homme » sa théorie, où les humeurs, substances liquides qui abreuvent le corps, sont à l’origine de divers tempéraments [29]. A notre époque, les neurosciences ont montré que des transformations affectives modifient le fonctionnement du système nerveux, et que des événements traumatiques ont un impact sur le développement du cerveau et ses fonctions (5).

Le maître-mot de la psychologie, telle que les chinois la comprennent, est le Cœur, ce qui est visible dans les deux idéogrammes qui forment le mot psychologie en chinois : « principe » et « Cœur » [30]. Le Cœur abrite toute la vie psychique, et paradoxalement, pour lui, la vie en plénitude, c’est le vide : « L’homme est tenté de remplir son Cœur ; néanmoins, il doit chercher à le vider » [31]. L’affirmation de Huang Di, aussi appelé l’Empereur Jaune, montre à quel point le Cœur avec le Shen sont considérés comme des trésors : « Nourrir le Shen est la tâche suprême, nourrir le corps est utile, quoique secondaire »(6). C’est le Cœur de l’humain qui fait la différence de l’expression des énergies célestes et telluriques, selon sa disposition de bienveillance envers autrui et de sa capacité à aimer son prochain(7).

L’accompagnement global de la personne sur les plans émotionnels et cognitifs

Cet accompagnement sur le plan émotionnel en réflexologie mérite quelques lignes explicatives car un ou règne souvent dans ce domaine. L’énergétique chinoise nous offre une merveilleuse cartographie de notre vie psychique, elle nous révèle les plans de construction de la globalité de notre être.

La santé et le bien-être d’une personne sont influencés en grande partie par la manière dont elle se voit, s’entend et se sent, c’est-à-dire par sa capacité de réflexivité. Cette réflexivité dépend de la manière dont la personne a été perçue par son entourage : « L’aptitude à se faire sentir, voir ou entendre est étroitement dépendant de la manière dont le sujet a été vu, senti et investi par les objets de son histoire, qui ont contribué à son organisation subjective » [32]. Cela rejoint les recherches de Robert Rosenthal qui s’est intéressé à « la prophétie auto-réalisatrice », connue aussi sous le nom d’ « Effet Pygmalion » [33] : quand le diagnostic est posé, le ver est dans le fruit… Le réflexothérapeute doit ainsi soigner la manière dont il perçoit la personne consultante, et les mots qu’il prononce.

Le soin réflexologique mobilise la mémoire du corps, qui renvoie à des vécus archaïques, souvent pré- verbaux. Il est intéressant de noter que, bien que l’Orient offre une construction cohérente et complète du psychisme, c’est l’Occident qui apporte les outils pour intégrer d’une manière ef ciente cette connaissance, notamment en passant par la verbalisation. Le réflexothérapeute écoute avec attention ce que dit la personne consultante et l’accompagne, lorsque c’est nécessaire, à clarifier sa pensée ou son ressenti, en prêtant son appareil à penser [34-36].

Cet accompagnement permet d’acquérir une potentialité réflexive par rapport à ce qui se déroule en la personne consultante. Il est essentiel que les expériences indicibles, réactualisées par le soin réflexologique, puissent être mises en lien avec des sensations corporelles et des émotions, permettant une figuration [32]. La remémoration du vécu difficile est l’équivalent de la levée du refoulement et permet un dénouement sur le plan énergétique et biologique, sans que le mental et des explications rationnelles viennent interférer.

A travers le travail des zones réflexes, la technique réflexe (investie de Qi) et la mise en mots, le réflexothérapeute qui exerce d’après l’énergétique chinoise transforme les vécus souffrants, afin de passer d’une expérience intrapsychique à l’espace intersubjectif [37]. Il se réfère aux concepts de la globalité de l’être tels que présentés par la vision chinoise : les mécanismes de préservation sont regroupées sous le terme « Po », les affects sont contenus dans le « Hun », l’intellect avec ses valeurs et ses convictions est emmagasiné dans le « Yi », les désirs sont logés dans le « Zhi », et, last but not least, la capacité de conscience est contenue dans le « Shen ».

Chacune de ces composantes psychiques ayant sa correspondance organique, le praticien ancre les processus à travers le travail des zones réflexes des ministres : les mémoires somatiques du « Po » sont attachées au Poumon, les mémoires émotionnelles et affectives du « Hun » logent dans le Foie, les mémoires inarticulées du « Yi » résident dans la Rate, et les mémoires ancestrales et collectives du « Zhi » reposent dans les Reins.

La réflexologie d’après l’énergétique chinoise permet de symboliser les vécus difficiles à travers un acte corporel, celui du travail des zones réflexes, car « une symbolisation sans action ne change rien ; car la symbolisation passe par l’acte : la présentation au monde transforme le monde »8. Le processus de symbolisation semble donc d’une importance cruciale pour se comprendre et comprendre le monde : « L’homme sans parole n’est pas un homme naturel, tant le langage in ltre toute situation humaine » [38]. Il est intéressant de remarquer que les traditions anciennes comprenaient toute la « réalité » qui nous entoure, le temps, les humains, les objets comme des formes de pensées(9). La parole et la mise en mots font partie du soin autant que le travail des zones réflexes.

Le réflexothérapeute effectue un travail « côte à côte », de coopération, qui donne une sensation d’égalité, et indique que sur un plan humain, nous sommes au même niveau, bien que chacun ait une fonction et une responsabilité propre. Le travail « côte à côte » rappelle que nous sommes tous des apprenants, bien qu’à des niveaux différents, comme l’évoque si bien Winnicott lorsqu’il dédie son livre « Jeu et réalité » par ces mots : « A mes patients, qui ont payé pour m’instruire » [39].

Le réflexologue qui exerce d’après cette méthode peut faire un accompagnement précis, avec une action spécifique pour stimuler la composante psychique nécessaire, que ce soit le Hun, le Po, le Yi ou le Zhi. Il favorise l’implication de la conscience, du Shen, afin d’éclairer le vécu souffrant, qu’il soit physique ou psychique. Les séances réflexologiques permettent qu’un travail psychique complexe ait lieu pour que l’expérience première, douloureuse et insaisissable, puisse prendre une forme représentative, et permettre la mise en route des mécanismes d’auto-évaluation.

La pratique de la réflexologie d’après l’énergétique chinoise

Se basant sur les principes que nous venons de voir ci-dessus, la priorité du réflexothérapeute qui exerce selon l’énergétique chinoise sera d’améliorer l’équilibre énergétique ou vital, car aussi bien le plan corporel que le plan psychologique procèdent d’un même continuum énergétique. La séance réflexologique relève de 4 actes :

AL’entretien : le réflexothérapeute analyse les besoins et les motifs de consultations. Il évalue le degré de vitalité en fonction de l’examen visuel et palpatoire et le confronte aux motifs de la personne consultante. Il valide la possibilité de prise en charge en réflexologie et définit un protocole adapté.

  • La technique réflexologique : Le réflexothérapeute exerce des pressions manuelles (ou avec des outils spécifiques) sur les zones réflexes ou des points de méridiens choisis en rapport avec les informations reçues lors de l’entretien, mais aussi en fonction de zones ou de points perturbés révélés lors de la manipulation. Il réalise un bilan réflexologique individualisé, car il n’y a pas de mal-être standardisé ni de traitement normalisé. La technique réflexologique est personnalisée à chaque consultant.
  • L’exploration réflexologique : La séance réflexologique engendre une détente et une disponibilité qui permettent au réflexothérapeute d’examiner, en coopération avec le consultant, les vécus de sa perception, qu’il éclaire d’après le modèle des cinq éléments. En s’appuyant sur l’entretien et les informations réflexes, le réflexothérapeute explore les expressions phénoménologiques de la personne consultante.
  • Le soin réflexologique : Le réflexothérapeute incite les processus d’intégration en utilisant des techniques palpatoires ainsi que des techniques de reprogrammation. Il favorise l’implication personnelle et positive du consultant, qui co-participe au rééquilibrage. La personne consultante devient active dans sa prise de responsabilité par rapport à sa souffrance initiale.

L’intégration cognitive qui s’est effectuée lors de la séance réflexologique permet au consultant d’envisager ses difficultés différemment. Il s’est réajusté au regard de son vécu, soutenu par un toucher équilibrant des zones et points réflexes. Il accède à une prise d’autonomie et effectue des choix personnels qui favorisent l’élaboration d’une image de soi réaliste et constructive.

Indications et contre-indications et précautions en ré exologie

La plupart des troubles fonctionnels sont adaptés à une prise en charge réflexologique. Les indications sont très vastes et incluent le traitement de la douleur, ainsi que des déséquilibres sur le plan corporel : troubles neurovégétatifs, digestifs, respiratoires, uro-génitaux, circulatoire, musculo-articulaires, etc. Les troubles psychologiques légers, tels que dépressions, anxiétés, phobies sont indiqués ainsi que le stress ou le burnout.

Les troubles dégénératifs, lésionnels et psychiatriques nécessitent une prise en charge médicale, cependant la réflexologie peut accompagner les personnes souffrantes en vue d’un soulagement de la douleur et/ou des effets secondaires de la prise médicamenteuse.

Les contre-indications sont d’ordre circulatoire : la phlébite ou l’artérite, ou d’ordre mécanique : fracture, entorse.

Des précautions sont à prendre dans certains cas, avec les personnes dont le Qi est en excès : maladies aiguës, èvre intense, les enfants et les femmes enceintes dont le métabolisme est accéléré. A l’inverse, les personnes dont le Qi est anormalement faible sont aussi à traiter avec prudence : les maladies lésionnelles et dégénératives, les personnes en fin de vie, les troubles cardiaques, les atteintes des organes ministres (Cœur, Poumon, Rein, Foie, Rate), etc.

Dans ces situations, où le Qi est soit en excès soit très en manque, le réflexothérapeute veille à ne pas provoquer de réactions d’élimination et de restructuration qui dépasseraient les capacités énergétiques des malades. Il cherche à rééquilibrer et soutenir les processus d’homéostasie, en douceur, et favorise des soins plus courts mais sur une durée plus longue, afin de stimuler l’autorégulation avec modération.

Démographie

Le grand annuaire des réflexologues (10) répertorie près de 4 000 réflexologues dans les pays francophones, dont 3 000 en France. En s’appuyant sur les renseignements recueillis concernant leur formation, on peut estimer que 20 % exerce selon l’énergétique chinoise. La plupart des réflexothérapeutes ont une formation initiale différente et ont effectué une reconversion. Leur formation initiale est très variable : certains sont issus du milieu médical ou paramédical, tels qu’infirmier, pharmacien, kinésithérapeute, dentiste, podologue, aide-soignant, naturopathe, tandis que d’autres ont des antécédents professionnels éloignés du soin à la personne. La quasi-totalité des réflexothérapeutes sont installés en secteur privé et interviennent ponctuellement dans des structures institutionnelles (maison de retraite, maternité, service d’oncologie, etc.).

Le réflexothérapeute exerce le plus souvent son activité en profession libérale auprès des particuliers et des entreprises. Il peut également intégrer une équipe pluridisciplinaire médicale ou paramédicale à la demande d’un service hospitalier ou d’une association ou être salarié d’une structure : entreprises, associations, hôpitaux, centres sportifs, établissements d’enseignement, etc.

Références

1. Head H. On Disturbances of Sensation with Especial Reference to the Pain of Visceral Disease, Part I and II. London, UK: Brain; 1893.
2. Issel C. Reflexology: Art, Science and History. New Frontier Publishing 1990, pp 29-32.
3. Issel C. Reflexology: Art, Science and History. New Frontier Publishing 1990, pp 34-38.

4. Fitzgerald WH, Bowers Edwin F. Zone therapy or relieving pain at home. 1872.
5. Nogier P. Traité d’auriculothérapie (réimpression et corrections : 1969), Editions Maisonneuve & Larose
6. Ingham E. Stories the feet can tell (1938), Ingham publishing Inc.
7. Issel C. Reflexology: Art, Science and History. New Frontier Publishing 1990, p 8.
8. Issel C. Reflexology: Art, Science and History. New Frontier Publishing 1990, p 20.
9. Yo-Mo Kuan. Vos pieds font votre santé (édition japonaise 1986) traduction française 1995. Editions Trédaniel, p. 18.
10. Issel C. Reflexology: Art, Science and History. New Frontier Publishing 1990, p 17.
11. Ingham E. Stories the feet have told through re exology. Ingham publishing Inc. 1951
12. Dwight Byers. Meilleure santé par la réflexologie des pieds. Editions Ingham Pub, 1988
13. Bayly DE. Réflexologie, relaxation et stimulation par le massage des pieds,1983
14. Sun Wei. Massage chinois réflexologie plantaire. Editions You Feng, 2006
15. Dougans I. La réflexologie théorie et pratique. Librairie de Médicis, 1992
6. Gilanders A. The essential guide to foot and hand reflexology. Editions Ann Gillanders, 1998
7. Faure-Alderson M. Réflexologie Thérapie Totale. Editions Trédaniel, 2011
8. Tran D. La leçon de réflexologie : méthode Tao Wei. Editions Flammarion, 2008
9. Marquardt H. Reflex Zone Therapy of the feet. Editions Healing Arts Press, 1984
20. Shanghai College and Beijing College. Essentials of Chinese Acupuncture. Publisher Foreign Language Press, 1980
2. Lange G. Akupunktur der Ohrmuschel, diagnostik und therapie. WBV Biologisch-Medizinische Verlagsgesellschaft MBH & Co, 1987, 246 pages
22. Meunier M. La réflexologie plantaire. Editions Trédaniel, 1995
23. Breton E. La réflexologie moderne ou neurophysiologique. HEGEL 2017 ;1 :50 http://hdl.handle.net/2042/62021 – DOI : 10.4267/2042/62021)
24. Nottale L. La relativité dans tous ses états. Editions Hachette, 1998, p 150
25. Capra F. Le tao de la physique. Editions Sand, 1985, 353 pages, p 207
26. Marie E. Précis de médecine chinoise. Editions Dangles, 1997, 249 pages
27. Li Wu, Université de Yunnan, L’horloge des organes. Editions Nouvelles Pistes Thérapeutiques, 2016, 167 pages 28. Tremblay Nicole. Le Tao des émotions. Editions Quebecor, 2009, p 36
29. Lahlou Saadi. Des aliments tu feras médecine: Hippocrate revisité. Cahiers de Nutrition et de Diététique 1999;34:108-113. http://eprints.lse.ac.uk/29138/1/Des_aliments_tu_feras_medecine_Hippocrate_revisite_%28LSE_RO%29.pdf
30. Requena Y. Acupuncture et Psychologie. Editions Maloine, 1982, p 79
31. Rochat de la Vallée E, Larre C. Les mouvements du cœur, psychologie des Chinois. Editions Desclée de Brouwer, 1992, p 84
32. Brun A, Chouvier B, Roussillon R. Manuel des médiations thérapeutiques. Paris, Editions Dunod, Paris, 2013
33. Rosenthal R, Ambady N, Harvard University. Thin slices of expressive behavior, as predictors of interpersonal consequences: a meta-analysis. Psychological Bulletin 1992;111: 256-74.
34. Bessel H. Guide de l’animateur du Programme de développement affectif et social, premier cycle. Editions actualisation, 1972, 193 pages, et le Guide l’animateur Prévention et résolution de con its. Editions actualisation, 1987, 290 pages
35. Rosenberg Marshall B. Les mots sont comme des fenêtres. Editions La Découverte, 1999, 259 pages
36. Filliozat I. Au cœur des émotions de l’enfant. Editions Marabout, 1999, 318 pages
37. Chouvier B. Les processus psychiques de la médiation. Editions Dunod 2002
38. Cyrulnik B. Sous le signe du lien. Editions Pluriel, 1989, 317 pages, p 307

39. Winnicott DW. Jeu et réalité, Editions Folio essais, 1971, p 19

Article écrit par Mireille MEUNIER pour la revue scientifique HEGEL.

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